De Bayrou à Findus, le Made in France fait vendre (mais pas forcément voter)

Apparu en opposition au Made in China, le concept du Made in France fait un carton dans tous les domaines, ou presque. En période de crise économique et écologique, c’est imparable ! Le recours au géowashing, ou plus généralement à l’argument de la proximité géographique n’est pas tout à fait nouveau. Par contre, l’utilisation d’un même concept – Made in France – dans des univers aussi différents que l’automobile, le poisson surgelé ou la politique ne s’était encore jamais vu dans de telle proportions.

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Le premier à avoir dégainé le Made in France est paradoxalement le constructeur automobile japonnais Toyota. Ses spots TV lancés en septembre 2011 présentent la nouvelle Yaris comme un produit « bien de chez nous ». Créés par Saatchi & Saatchi,  ils mettent en scène un concessionnaire apprenant tout un tas de langues étrangères pour faire visiter la « Yaris Made in France » à des foules de touristes étrangers. Les nombreuses déclinaisons du spot ne quittent plus nos écran depuis leur lancement.

Il y a quelques jours c’est Findus qui a rejoint le mouvement du Made in France. L’annonce presse de la marque a envahit les quatrièmes de couverture de tous les quotidiens gratuits la semaine passée. Pour ses Croustibats, Findus va même plus loin et passe au Made in Boulogne-sur-Mer. Il y a plus sexy comme référence mais il n’y a pas beaucoup plus local, voire « France d’en bas victime de la crise ». Beaucoup d’autres se sont lancés dans le Made in France, avec des fortunes assez diverses.

 

Dans le champ politique, c’est François Bayrou qui s’est emparé le premier la marque Made in France. Pourtant, le concept est présent depuis longtemps dans le discours des politiciens, de l’extrême gauche à l’extrême droite. Si on a encore un peu de mal à voir le programme politique que cache ce slogan chez Bayrou, il est certain qu’il a fait mouche et qu’il n’est pas étranger à la remontée du candidat dans les sondages. Pour les poissons comme pour les présidentiables, la crise pousse une part importante de la population à privilégier ce qui défend les intérêts de la France en priorité. Le raisonnement est un peu court sur patte, mais les communicants et publicitaires ont bien compris le parti qu’ils pouvaient en tirer.

A mon sens, l’utilisation du Made in France est à double tranchant. Il est à utiliser avec prudence pour éviter de tomber dans l’écueil du Géowashing, comme d’autres ont été accusés de Greenwashing en exagérant les vertus écologiques de leurs produits. Pour ce prémunir de tout scandale, un annonceur se doit d’être irréprochable et de respecter scrupuleusement l’origine française promise (je sais pas vous, mais si je découvre que mon poisson a été pané en Pologne je tape mon scandale !). Si les règles du jeu ne sont pas respectées, l’argument de poids peut rapidement se transformer en boulet tout aussi lourd à traîner. François Bayrou en a fait l’amère expérience.

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2 commentaires sur "De Bayrou à Findus, le Made in France fait vendre (mais pas forcément voter)"

Damien dit:

03 février 2012

Il n’y a rien de paradoxal à ce que ce soit Toyota qui ait dégainé le premier sur le fabriqué en France. Nous entendons souvent parler de marques françaises qui délocalisent et font construire leurs modèles à l’étranger. Pour Toyota, c’est une bonne manière de montrer patte blanche : « Vos constructeurs s’en vont en Roumanie ? Nous faisons construire ici. » Dans un sens, c’est une peu : « Nous sommes plus patriotes que Renault ou Peugeot, nous sommes mieux français qu’eux. » Imparable.

Florian dit:

06 février 2012

Et ce n’était pas le premier coup d’essai de patriotisme français pour Toyota. En 2010 au moment de la Coupe du monde il y avait déjà eu les spots pour la Toyota Yaris les Bleus

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