Les infographies politiques débarquent dans la campagne, pour le meilleur et souvent le pire

La campagne électorale n’a pas échappé au retour en force de l’infographie. Les deux principaux camps s’affrontent toujours à coup de chiffres mais ils sont désormais joliment mis en valeur. Problème : sur des sujets souvent complexes les infographies servent d’abord de moyen de manipulation plutôt que d’information. Dans le contexte politique leur penchant pour le simplisme est exacerbé.

Preuve de la place importante des infographies dans la campagne et de la prise de conscience de leur potentiel par les staffs des candidats, le site riposte de Parti socialiste leur consacre une rubrique complète. Là, l’objectif est clair : attaquer le bilan du président sortant. Oui mais voilà, à vouloir tout simplifier et représenter sous forme de beaux schémas aux couleurs acidulées, on dépasse les limites de l’honnêteté. On retrouve ici ce que j’ai toujours reproché à l’infographie : l’impossibilité de faire ressortir la complexité d’une situation ou d’un problème. Je reste persuadé que dans un contexte normal, laissant place à la transparence et la pédagogie, l’infographie doit être un complément au texte, ou vice-versa. La première illustrant et donnant corps au sujet tandis que le second l’explique, le nuance.

L’UMP n’est pas en reste et recourt au même procédé que le PS. On retrouve à droite la volonté de convaincre le lecteur en simplifiant au maximum les données du problème. L’infographie sert à attaquer la gauche mais également à (tenter) de défendre le bilan du candidat-président.

Si l’on laisse de côté l’aspect malhonnête de ces infographies à caractère politique (certains me diront que c’est le jeu), elles n’en demeure pas moins des armes de campagne puissantes. Leur capacité à décrédibiliser ou crédibiliser l’action et le programme d’un candidat est indéniable. Si bien que je me demande pourquoi les partis se contentent d’une diffusion en ligne. Jusqu’à preuve du contraire rien n’indique que c’est sur écran que les infographies sont les plus lisibles, et je ne suis pas loin de penser le contraire. Alors à quand de belles infographies sur les tracts distribués au marché ou dans les gares ? Je crois n’en avoir jamais reçu et une rapide recherche Google ne m’en a fourni qu’une ou deux, peu convaincantes.

 

 

Si vous êtes descendu jusqu’en bas de cet article c’est que vous vous êtes peut-être dit « Bon, et les autres partis c’est quand qu’il en parle ? ». N’étant pas membre du Front de sauvegarde du bipartisme français, j’ai recherché des infographies dans les autres camps, sans succès. Plusieurs raisons peuvent expliquer cela, dont une majeure qui est la différence de moyens entre les deux gros partis et les autres. La réalisation d’une infographie nécessite des compétences particulières que tous n’ont pas en interne, ou n’ont pas les moyens de se payer.

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